Le pitch cinéma
Émission du 05 juin 2019
L'AUTRE CONTINENT de Romain Cogitore Avec Déborah François et Paul Hamy Maria a 30 ans, elle est impatiente, frondeuse, et experte en néerlandais. Olivier a le même âge, il est lent, timide et parle quatorze langues. Ils se rencontrent à Taïwan. Et puis soudain, la nouvelle foudroyante. C’est leur histoire. Celle de la force incroyable d’un amour. Et celle de ses confins, où tout se met à lâcher. Sauf Maria. Le scénario de « L'Autre Continent » est né de l’histoire d’une jeune femme racontée à Romain Cogitore. Le metteur en scène se rappelle : « Je pensais d’abord qu’elle évoquait la mémoire d’un disparu, tant il y avait de tristesse, d’émotion - et aussi d’amour - dans son récit. Et puis, de rebondissement en rebondissement - souvent incroyables - j’ai peu à peu compris que le garçon dont elle parlait n’était pas mort ; mais que c’était un homme dont elle essayait de se détacher… Au-delà de la figure tragique de Maria, il y avait aussi quelque chose de profondément contradictoire dans cette histoire : celle d’un amour qui a une force prodigieuse, qui va jusqu’à vaincre la mort ; et en même temps qui demeure d’une grande fragilité, qui ne résiste pas à tout. Cette contradiction nous concerne tous et c’est un thème que le cinéma traite peu. » Si Déborah François est arrivée très tôt sur le projet, le casting du comédien masculin a été plus difficile : Romain Cogitore voulait à la fois trouver un acteur qui soit crédible en anglais, capable de jouer les trois ou quatre rôles que comporte le personnage d’Olivier, et qui puisse continuer de toucher le spectateur quand sa maladie devient dégradante. Le réalisateur se rappelle : « Paul Hamy, dont le père est américain, remplissait parfaitement la première condition. Et il avait ce côté enfant-géant, lunaire et un peu fou, susceptible d’infuser de la tendresse, même aux pires moments. Enfin, Déborah et lui matchaient très bien ensemble. C’était capital : on devait absolument croire au couple qu’ils forment. » Le travail sur les langues a constitué un défi. Déborah François, qui est Belge, avait de bonnes bases en hollandais. La comédienne s’est remise à niveau et a dû, comme Paul Hamy, apprendre phonétiquement toutes les parties en chinois. Le réalisateur explique : « Un défi d’autant plus grand pour eux que, coproduction taïwanaise oblige, il n’était pas question que le public taïwanais ne les comprenne pas. Tous les deux ont bossé très dur durant trois mois – maîtriser les quatre tons en mandarin est un véritable enfer. C’est Déborah qui avait le plus de répliques à jouer, et heureusement, Déborah est une machine de guerre. » Dans le film, le réalisateur prend le parti de bousculer les règles du mélodrame. « C’est toujours cette idée de carte postale - de la romance, du mélo - qu’il s’agit de re-questionner, sans pour autant la déchirer. La plupart des films qui mêlent amour et maladie se terminent de deux façons : soit la personne meurt, soit elle est sauvée. Ici, la réponse est différente