Emission du 07 mai 2026
Au sommaire : "Logement : en coloc malgré eux", "Jurassic business", "La clinique qui redonne goût à la vie". Logement : en coloc malgré eux En pleine crise du logement, jamais les Français n’ont été si nombreux à vivre en colocation. Une situation loin d’être toujours choisie. La vie en commun n’est plus seulement associée à la période d’études : 44% des candidats à des colocations sont des actifs et la moitié d’entre eux sont en CDI. Ce côté "auberge espagnole", promesse de convivialité, de soirées festives, voire de rencontres amoureuses, peut séduire. Mais parfois, la colocation c’est aussi une impression de régression sociale. À Strasbourg, Mathilde, aide-soignante en CDI, cherche désespérément un deux-pièces depuis des mois. Seule solution pour se loger, elle s’est résignée à une colocation avec deux étudiantes, au mode de vie très différent. Elie, lui, a débarqué à Paris après avoir trouvé un emploi dans une salle de sport. Il a dû se résoudre à louer une chambre dans le petit appartement de Serge, 67 ans. L’un fait des bons petits plats quand l’autre ne boit que des boissons protéinées, mais ils se sont mis à faire des séances de sport ensemble. Sabine, suite au départ de son conjoint, ne peut plus assumer seule le loyer de sa grande maison. Elle a dû prendre quatre colocataires, tous des actifs. L’ambiance est sympathique mais la logistique lourde à gérer. Quant à Camille, elle a été obligée de retourner vivre chez sa mère avec son fils de 8 ans. Une cohabitation pas toujours facile, surtout sur les sujets d’éducation… Ce manque de logements a aussi donné des idées à certains entrepreneurs : ils rachètent et rénovent de grandes maisons pour en faire des colocations géantes. On appelle cela le "coliving". À Maisons-Alfort, 14 personnes, de 26 à 53 ans, se sont installées ensemble : l’un travaille dans un labo pharmaceutique, une autre dans les ressources humaines, une autre est comédienne… Chacun a une petite chambre mais il y a de très grands espaces communs, jardin, salle de sport, apéros, barbecue… Une sorte d'"auberge espagnole 2.0". Pour les propriétaires, c’est un filon très rentable : ces chambres avec services sont souvent louées bien au-delà des prix du marché. Un reportage d'Emmanuelle Msika, Clément Brelet et Florent Bardos / Cartel Presse. Jurassic business Quelque 5 millions d’euros pour un fossile de Tricératops, 23 millions pour un fossile de Tyrannosaurus rex : le business des fossiles de dinosaures explose. Ces créatures extraordinaires, disparues il y a 66 millions d’années et de grande valeur scientifique, attirent les foules lors des ventes aux enchères, et sont l’objet de spéculation comme des œuvres d’art. Des sols argileux de la Charente aux terres arides du Montana, aux Etats-Unis, "Envoyé spécial" s’est aventuré sur les traces de ces dinosaures qui font rêver le public, les collectionneurs et les paléontologues. Des dinosaures devenus objets de collection, sortis de terre par des chasseurs de fossiles qui en font commerce, notamment aux Etats-Unis, là où il suffit de se pencher – au bon endroit – pour ramasser un os fossilisé de plusieurs millions d’années. Comment s'organise ce business ? Ces fossiles, vendus des millions d’euros, sont-ils vraiment si rares et précieux ? Et comment s’assurer de leur authenticité ? Un reportage d'Anaïs Bard, Juliette Jonas et Gaëlle Pidoux. La clinique qui redonne goût à la vie Ils ont entre 12 et 18 ans, et leur vie s'est mise en pause. En France, près d'un adolescent sur trois souffrirait aujourd'hui de troubles psychiques, et les structures capables de les accueillir manquent cruellement. Près de Marseille, une clinique psychiatrique spécialisée accueille en hôpital de jour des adolescents parmi les plus fragiles. Pendant six mois, "Envoyé spécial" a suivi la thérapie de Jean Louis, Sicilia et Sacha,