Emission du 12 mai 2026
Aujourd'hui, on va parler de prouesse architecturale, de passages secrets et de corrosion. Direction le Pont d'Aquitaine qui relie Bordeaux et Lormont en traversant la Garonne. Bordeaux et les ponts c'est une longue histoire, pour le moins complexe. Car la largeur du fleuve et la puissance des courants ont empêché la construction de tels ouvrages durant des siècles. Ce n'est qu'en 1822 que sera construit le premier pont, le fameux Pont de Pierre. Et il faudra encore attendre un siècle et demi pour que Jacques Chaban Delmas lance la création de nouveaux franchissements. 1961, le chantier du Pont d'Aquitaine commence. Comme l'on veut pouvoir laisser passer les grands navires et aussi affirmer un certain prestige, on fait un choix audacieux, mais compliqué : un pont suspendu, perché à 53 mètres de haut, le deuxième plus grand après celui de Tancarville. Inauguré en 1967, le Pont d'Aquitaine fut un défi pour les ingénieurs. Mais à l'époque, on avait fait le choix de ne pas galvaniser les fils d'acier. Or comme toute structure métallique, le Pont d'Aquitaine a un ennemi : l'oxydation qui est ici favorisée par la proximité de l'Océan. Dans les années 80, on constate d'inquiétantes usures des câbles. Au point qu'il va falloir mettre en place un imposant chantier pour tous les changer. L'ouvrage est sous étroite surveillance. Régulièrement, des techniciens empruntent cet étonnant passage dissimulé sous le tablier pour vérifier que tout va bien. Difficile d'imaginer ce que serait la circulation autour de Bordeaux sans ce pont qui est emprunté chaque jour par 110 000 véhicules.