Titaua Peu
Après des études de philosophie en France, l’écrivaine Titaua Peu repart vivre à Tahiti d’où elle est originaire. Elle y publie son premier roman, Mūtismes, en 2003, qui fait sensation dans le milieu littéraire polynésien. Mūtismes, c’est « Mutismes » et « Mū », qui, en tahitien, signifie le silence d’une personne qui a quelque chose à dire mais qui se tait. C’est la dénonciation des non-dits de l’État français comme de la société tahitienne vis-à-vis du nucléaire en Polynésie. Comme Mūtismes et Pina, son second roman, Titaua Peu bouscule, dérange la bienséance tahitienne qui, selon elle, se conforme trop souvent à l’image paradisiaque que leur renvoient les Européens d’eux-mêmes : un fenua paisible, docile, luxuriant. L’écrivaine montre avec force la misère crue qui a envahi son île, la violence qui s’y loge et le désespoir qui s’enracine. Avec compassion, mais sans misérabilisme ni position victimaire, elle montre la rage de vivre des Polynésiens.