Emission du 02 avr. 2026
Alors que la guerre se poursuit au Moyen-Orient et que le litre de SP95-E10 atteint en moyenne les deux euros à la pompe, le Premier ministre a demandé à ses ministres de "travailler à une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales" liés à la hausse des prix des carburants vers l’électrification de l’économie. Pourtant, depuis plusieurs semaines, plusieurs membres du gouvernement assurent que l’État ne bénéficie pas de la situation, en réponse aux attaques de l’opposition. La semaine dernière, la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN) avait accusé le gouvernement d’être un "profiteur de crise" en refusant de baisser les taxes sur le carburant. Le gouvernement a promis la transparence sur ce surplus de recettes. Mais déjà, certains avancent leurs propositions. Chez LR et au PS, on souhaite que ces recettes soient reversées aux automobilistes. De son côté, LFI dénonce les "superprofits" des "multinationales du pétrole" et plaide pour un blocage des prix à la pompe.Selon un récent rapport de Greenpeace, les compagnies pétrolières engrangeraient plus de 80 millions d’euros de "surprofits" par jour dans l’Union européenne. En France, elles amasseraient en moyenne 11,6 millions d’euros supplémentaires par jour par rapport à la période précédant la guerre. Sur fond d’escalade du conflit au Moyen-Orient, les prix du pétrole flambent, nourrissant spéculations sur les marchés et soupçons de de conflit d’intérêts. Les experts : - Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de Haute Finance, auteur de "L'horizon des possibles"- Thierry Bros, professeur à Sciences PO et spécialiste des questions énergétiques- Marie Bellan, journaliste – Les Echos - Richard Werly, éditorialiste international – Blick.ch, auteur de "Cette Amérique qui nous déteste"