Emission du 22 janv. 2026
Au sommaire : "PV : le jackpot des mairies", "Dealers : main basse sur la ville", "Encombrants : de l'or dans nos poubelles", "Sous les prisons, la plage". PV : le jackpot des mairies Autrefois cantonné aux grandes villes, le stationnement payant se répand partout en France, jusqu’aux plus petites communes. Selon les maires qui l’adoptent, il sert à redynamiser les centres-villes, à lutter contre les voitures-ventouses, et à promouvoir le vélo et les transports en commun. Mais derrière ces arguments, il y a aussi et surtout une manne financière qui ne cesse d’augmenter, pour dépasser désormais le milliard d’euros par an. Les contrôles automatisés ne laissent plus de place au hasard. Alors pour les automobilistes distraits, il n’y a plus moyen d’y échapper, à moins de frauder… À Paris, par exemple, le nombre de tickets handicapés, gratuits, a curieusement beaucoup augmenté avec des techniques de fraude bien rodées. Face aux tarifs, parfois prohibitifs, la grogne s’étend, comme à Brignoles, petite ville du Var où le passage au stationnement payant pourrait coûter au maire sa réélection. À Strasbourg, la municipalité écologiste défend son bilan, face à des opposants qui dénoncent des mesures pénalisantes pour les foyers les plus modestes. Résultat, de plus en plus de Français contestent les amendes qu'ils reçoivent. Le tribunal du stationnement payant situé à Limoges, en Haute-Vienne, a exceptionnellement ouvert ses portes au magazine. Il croule sous les procédures : le délai de traitement est d’environ deux ans. La polémique touche aussi les hôpitaux. Le parking est désormais payant dans plus des deux tiers d’entre eux. L’argent des patients et des soignants qui viennent en voiture profite aux géants du stationnement, comme Indigo, Effia, ou Q-Park. Inacceptable pour plusieurs syndicats et députés, qui estiment qu’il y va de l’accès à un service public fondamental. Un reportage de Nicolas de Labareyre / Kraken Films. Dealers : main basse sur la ville Ils distribuent des fournitures scolaires, des cadeaux de Noël, aident à payer les courses, installent des châteaux gonflables, offrent barbes à papa et sandwiches gratuits aux enfants des cités. En France, les dealers ne se contentent plus de vendre de la drogue : ils se substituent parfois aux services publics. Un contre-pouvoir qui séduit de plus en plus les habitants démunis. Mais jusqu’à quel point les maires peuvent-ils tenir face à des réseaux qui se posent en “services sociaux parallèles” ? Peut-on encore parler d’autorité républicaine quand la population s’habitue à dépendre des trafiquants pour ses loisirs ou son quotidien ? Jusqu’où les dealers vont-ils pour tenir les villes ? "Envoyé spécial" a enquêté dans plusieurs villes de France, auprès des dealers, des habitants et des maires. Un reportage de Julie Trinquet, Samir Benguennouna, Jawar Nadi, Alexandra Diaz et Alexandre Basso / Particules Doc. Encombrants : de l'or dans nos poubelles Chaque année, nous jetons 3,5 millions de tonnes d’encombrants, soit près de 10% de nos déchets ménagers. Meubles en tous genres, bibelots volumineux, sommiers, matelas, ferraille, bois et même lave-linge, lave-vaisselle, frigos : tout ce qu’il n’est pas possible de jeter à la poubelle. A Bougival, dans les Yvelines, Sophie et son fils Martin font le tri chez eux une fois par mois. Avant que le service de collecte ne passe tout ramasser, une immense chasse au trésor commence, car une fois dans la rue, ces objets peuvent être récupérés par n’importe qui, en toute légalité. Avec la crise économique, de plus en plus de Français y trouvent un complément de revenus. Bénédicte, 4 ans, éditrice à compte d’auteur, ne rate jamais l’occasion d’aller glaner dans les quartiers huppés des Hauts-de-Seine. Elle revend ensuite ses trouvailles sur intern